présentation
Avec : Maurice Aufair, Élodie Bordas, Armen Godel, Claude-Inga Barbey, Valentin Rossier Distribution en cours
Scénographie Jean-Marc Humm Costumes Nathalie Matriciani En Cours
une pièce de jeunesse
Après les pièces en un acte, L’Ours, La Demande en mariage et Le Chant du cygne, Valentin Rossier se penche à nouveau sur Tchekhov, tenté par « l’ivresse contagieuse d’une nostalgie incontournable » des pièces de l’écrivain russe. Mais cette fois, il va puiser directement à la source.
Anton Tchekhov n’a que dix-huit ans quand il imagine Ce fou de Platonov, première version de Platonov. Et pourtant, en germe, son théâtre est là, à polir. Un théâtre où, comme le remarque le metteur en scène genevois, « les larmes conduisent à la joie et les joies sont pleines de larmes ».
Dans cette première pièce, la langue est à l’image des hommes et des femmes de Voinitzevka : brutale, mal dégrossie. La satire est violente, les coups pleuvent contre la société dans laquelle le jeune Tchekhov évolue.
Avec une sauvage bonne humeur, il dévore les valeurs qu’il ne cessera jamais de mettre à mal : la famille, l’amour conjugal, la religion. Il provoque le conformisme d'une société moraliste en faisant notamment de son héroïne, Anna Pétrovna, le symbole de l'indépendance et de la libération féminine.
Pourtant, la pièce est loin d’être sombre comme l’univers qui entoure les protagonistes de ce drame en quatre actes. Elle rappelle que « dans la vie tout est mélangé, le profond et l’insignifiant, le sublime et le ridicule ».
Production Théâtre de Carouge-Atelier de Genève Coproduction Helvetic Shakespeare Company
éclairage
Paysage humain
Dans le théâtre de Tchekhov, l’Histoire passe comme un murmure : les révoltes prolétaires grondent tandis qu’on joue au loto et qu’on boit du vin. L’auteur laisse s’écouler les grains du sablier pour parler du souvenir, des regrets, de la nostalgie, ou de l’utopie d’un avenir. Au fur et à mesure, les personnages sont dépossédés, phagocytés. La société se dérègle, devient contre-nature, comme le temps. Il fait trop chaud pour la saison. Les orages menacent. La pluie réunit les ennemis, sépare les amants.
Platonov dérange d’autant que son personnage principal n’est pas le centre de la pièce. Contrairement à Treplev et Ivanov tentés par la grandeur ou le suicide, Michel Vassilievitch Platonov brille par son absence de caractère. Il préfère geindre, laissant la ronde sociale l’emporter sur ses désirs. Boire. Aimer. Rêver. Jusqu’à quand ? Telle une girouette, Platonov tourne en fonction du vent.
Tchekhov est partout, dans chaque personnage, compatissant, humble et honnête. Il n’y a pas d’espoir de voir changer le monde, il ne fait que « peindre un paysage ». Et cette peinture de la vie est légère et cruelle, absurde parfois, profondément humaine enfin.
Biographies
Valentin Rossier
Comédien et metteur en scène, Valentin Rossier se forme à l’École Supérieure d’Art dramatique (ESAD) de Genève. Depuis, il n’a cessé de fouler les planches et de signer des mises en scène marquées par un imaginaire et une esthétique singuliers.
En 1994, il fonde l’Helvetic Shakespeare Company avec Frédéric Polier. S’il fréquente assidûment les écritures de Shakespeare et de Ödön von Horvath, il monte également des auteurs tels que Brecht, Agota Kristof, Grumberg, Tom Stoppard, Heinrich von Kleist, Tchekhov.
Parmi ses dernières mises en scène : Dialogues d’exilés de Brecht avec Jean-Quentin Châtelain au Théâtre Vidy-Lausanne ; Les Vacances de Jean-Claude Grumberg au Domaine de Penthes, Genève ; Hamlet de Shakespeare, où il tient le rôle titre, au Théâtre du Loup, Genève ; Le Grand Cahier d’Agota Kristof, créé au Théâtre Vidy-Lausanne ; Allers-retours de Horvath, à la Comédie de Genève.
En tant que comédien, en dehors de ses propres mises en scène dans lesquelles il joue, il travaille sous la direction de Claude Stratz, Letizia Quintavalla, Katarina Thalbach, Gianni Schneider, Dominique Catton, Eric Salama, Frédéric Polier, Raphaël Bermudez.
Récemment il interprète Heiner Müller, notamment Philoctète dans une mise en scène de Bernard Meister au Théâtre du Grütli de Genève.
photos
Soirée
Après le vif succès rencontré par les soirées à thème la saison dernière, le théâtre de carouge-atelier de genève vous propose de reprendre la route avec ses samedis coup de coeur.
Samedi 27 février 2010
« Ce soir je vous aime plus que les autres jours. »
Une nuit à Moscou – salle François-Simon
Renseignements et réservations : moscou[at]tcag.ch
Dès 18h au Théâtre de Carouge : Les samedis Coup de coeur débutent par un apéritif de bienvenue offert, autour d’une présentation haute en couleur, concoctée par André Steiger et Richard Vachoux, deux complices de la scène romande. Sous le regard amical d’Anne-Marie Delbart, ils proposent de commenter, avec malice et dérision, les pièces à l’affiche du Théâtre de Carouge ! Des rendez-vous qu’ils intitulent : Divergences, duo de clowns pour intellectuels. Tout un programme !
Après la représentation : La fête continue en musique au foyer du Théâtre avec un concert. Un rendez-vous propice à l’échange et au partage.
Dès 22h au Chat Noir : Le Chat Noir prend la relève. Grâce à un partenariat avec ce lieu phare de la vie carougeoise, le Théâtre de Carouge vous fait bénéficier d’un tarif préférentiel et vous invite ainsi à découvrir de jeunes talents musicaux.
CHF 10.– Sur présentation du billet du Théâtre de Carouge, daté du jour. À se procurer directement à la billetterie du Théâtre de Carouge, à l’entrée du Chat Noir ou par Internet sur theatredecarouge-geneve.ch et chatnoir.ch