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Vincent Bonillo (Titus) Pierange Buondelmonte (Rutile) Anne-Pascale Clairembourg (Bérénice) Itsik Elbaz (Antiochus) Aurore Fattier (Phénice) Philippe Morand (Paulin) Renaud Van Camp (Arsace)

Décor Vincent Lemaire Costumes Catherine Somers Perruques, coiffures, maquillages Catherine Friedland Direction technique Lorenzo Chiandotto Collaboration musicale Edwige Baily et David Callas Vidéo Benoît Gillet Assistanat à la mise en scène Christelle Alexandre Lumières Philippe Sireuil Construction des décors Ateliers du Théâtre National de la Communauté Française de Belgique Peinture décor Marianne De Wil Réalisation des costumes Christine Piqueray, Eugénie Poste, Anne-Marie Conzen

UNe tragédie des passions

« Si nous voulons garder Racine, éloignons-le. » La formule, signée Roland Barthes, prend tout son sens avec la Bérénice de Philippe Sireuil. Trois ans après avoir conquis le public du Théâtre de Carouge avec La Forêt d’Ostrovski, le metteur en scène, fer de lance du théâtre belge, revient avec une création d’une rare intensité.
En utilisant la vidéo, la photographie, en transposant Purcell dans une version folk, le metteur en scène s’éloigne du sentiment de familiarité que nous entretenons avec cette reine de Palestine qui voit son amour sacrifié sur l’autel de la raison d’État.
Il n’y a pas de décor réaliste dans cette version, mais une scénographie abstraite – tour à tour suite royale, place publique, antichambre du pouvoir – derrière laquelle l’image pétrifiée des héros de cette tragédie des passions est projetée sur un mur incliné.
Une distance que l’on retrouve également dans le traitement de la langue. À l’image des personnages tiraillés entre devoir et désir, la douce berceuse de l’alexandrin racinien subit les assauts de la destinée.
Le verbe s’incarne dans un souffle court, une plainte étouffée, un cri irrépressible, un murmure enragé. Place au « torrent incandescent des mots, à l’exaltation de nos musiques intimes», note Philippe Sireuil qui se concentre sur la mélodie de Bérénice :  « quatre syllabes qui résonnent comme s’il fallait apaiser les blessures qui viendront ».

Production
La Servante Coproduction Théâtre de Carouge-Atelier de Genève, Théâtre de la Place des Martyrs (Bruxelles) Avec la participation du Centre des Arts scéniques et de la Commission communautaire française Avec le soutien de la Communauté française Wallonie-Bruxelles et de la Loterie Nationale.