les caprices de marianne
D’Alfred de Musset
Mise en scène de Jean Liermier
présentation
avec stéphane boschung , lionel brady, pascale güdel, anna pieri, bastien semenzato distribution en cours
scénographie philippe miesch costumes werner strub réalisation des costumes maritza gligo lumières jean-philippe roy univers sonore jean faravel maquillages, coiffures katrin zingg
production théâtre vidy-lausanne | theater basel
Et si Marianne, l’adorable Marianne, n’était pas une capricieuse ? Et si la pression sociale, qui la tient en étau, ne lui laissait pas d’autre choix, à dix-neuf ans, que de succomber aux charmes des sérénades napolitaines ? Que de transgresser les règles qui l’empêchent d’être entièrement elle-même ?
Pourtant, derrière l’apparente simplicité de l’intrigue et la multitude des thèmes traversant cette courte pièce - l’infidélité, la religion, l’amitié, le désoeuvrement, les prémisses du féminisme -, se cache une autre réalité. À travers le double combat de Marianne, social et intérieur, Musset, du haut de ses vingt trois ans, scrute avant tout la naissance du sentiment à l’état pur.
Son discours amoureux avance comme dans la vie, à demi mots, par bonds, coups d’éclat, mutations imprévisibles. Il est « caprice », entendez par là qu’il joue avec le mouvement secret des sentiments humains qui détestent se dévoiler au grand jour.
Voilà pourquoi peut-être, la version de Jean Liermier, aussi nocturne que cinématographique, fait s’enchaîner les scènes comme une succession de plan de coupes. Il utilise les outils de la narration filmique pour instaurer une discontinuité troublante. Il donne aux noirs qui ponctuent la pièce un rôle à part entière : celui de laisser aux spectateurs la possibilité d’être absorber par la puissance d’une épreuve intime qui ne supporte pas la réalité.
Spectacle créé au Théâtre de Vidy-Lausanne le 1er avril 2008 dans le cadre du projet TransHelvetia. Ce projet théâtral et translinguistique diffuse des créations,interprétées par de jeunes comédiens, de pièces du répertoire germanophone dans les écoles suisses romandes et de pièces du répertoire francophone dans les écoles de Suisse alémanique. Projet soutenu par la Fondation Sophie et Karl Binding, la Fondation Ernst Göhner et la Fondation de Famille Sandoz.
Ce spectacle fait l’objet d’une série de représentations scolaires.
éclairage
« La vie d’Alfred de Musset fut élégante et vulgaire… Mais ce qui ne l’est point, ce fut son génie, son génie tout en âme, le plus puissamment humain et le plus puissamment moderne, le plus nous tous enfin, qui ait jamais existé. »
Jules Barbey d’Aurevilly
De formidables scénarios
Pour moi, les comédies et les proverbes de Musset sont de formidables... scénarios de cinéma.
Le caractère elliptique de leur structure renforce cet effet de montage, la dramaturgie reposant sur les ruptures de pensée entre les séquences : la pièce semble travailler toute seule, chaque scène paraît libre et autonome, ce qui laisse la place au spectateur de se construire son propre spectacle.
Méfions-nous des a priori « pseudo-romantiques » au sujet de Musset. Il n’y a pas de galanterie ! Un gars aborde une fille dans la rue en la sifflant ! Comment peut-elle réagir ?
Jean Liermier printemps 2008
Octave et Cœlio à la fois
Par-delà son apparente facilité d’accès, l’intérêt de l’œuvre tient à sa dualité. Musset est en effet attiré autant par l’idéal que par la sensualité. Les Caprices de Marianne sont en ce sens révélateurs, qui mettent en scène un libertin, Octave, et un idéaliste, Cœlio. Le génie du poète est de n’avoir pas créé à partir de ces archétypes un monde manichéen où la sensualité serait rejetée au profit de l’idéal. Bien au contraire, Musset accueille la vie tout entière, dans sa dureté, sa complexité et son ambiguïté, acceptant par avance les différentes lectures de son œuvre. À la fois Octave et Cœlio, Musset, joyeux libertin et romantique angoissé, mélange les tons et les genres, se plaît à retourner les situations, à montrer son propre déséquilibre au travers de ses personnages. Au désespoir des Nuits correspondent les facéties de Fantasio. Car Musset est lucide et sait que son amertume s’alimente aux sources de son plaisir.
Dictionnaire historique du Théâtre
photos
- du 13 mai au
17 mai 2009 - (relâche
exceptionnelle
le 14 mai) - salle
françois-simon - hors abonnement
- durée 1h15