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Tribune de Genève
«Henri IV» crée l'événement à Hanoi avec Georges Wod
La pièce de Monique Lachère a été jouée trois soirs au Palais de l'amitié vietnamo-soviétique. Interview du metteur en scène. Les 20, 21 et 22 octobre, Hanoi accueillait la troupe du Théâtre de Carouge pour "Henri IV le Vert Galant" de Monique Lachère. Dans l'ancienne Indochine, venir parler en français d'un roi de France a suscité l'engouement d'un public nombreux quoique assez indiscipliné. Les comédiens genevois, Georges Wod en tête, ramènent un flot d'impressions fortes de cette confrontation avec un autre monde. Devant un café-crème, le volubile directeur raconte l'aventure de son théâtre dans cette lointaine Asie, dont il semble devoir garder pour longtemps la nostalgie.
-Après la Russie, le Vietnam. Le Théâtre de Carouge fait décidément des voyages de plus en plus lointains. Comment cette idée vous est-elle venue?
- Une aventure pareille a dû mobiliser beaucoup d'énergie...
- Pourquoi Henri IV?
- Le bruit court que le public partait avant la fin...
«Kiêu» et l'émancipation de la femme L'immense poème de mille vers composé au XVIIIe siècle par Nguyên Du est une sorte d'opéra. Ode à la liberté, mais aussi fabuleuse fresque tragique, Kieu, qui vient de Hanoi avec le Cailung Ensemble, au Théâtre de Carouge, retrace les aventures d'une jeune femme qui brise les tabous de son époque. Insoumise dans un pays où les femmes ne pouvaient aimer qu'une fois, Kieu commence par devoir se vendre pour subvenir aux besoins de son père miséreux. De fil en aiguille, là voilà éperdument éprise d'un guerrier. Les péripéties vont alors se succéder, et Kiêu, après avoir traversé quelques enfers, se retrouvera au paradis d'un amour superbe et platonique. Les communistes se sont servis de l'argument de la pièce (dont le moindre paysan connaît des vers par coeur) pour soutenir l'émancipation de la femme. Univers mythique, plein de passion et de mélopées, Kiêu est une sorte de fruit défendu: entre tasses de thé, sampans et guerriers magnanimes, Kiêu s'annonce non pas comme un spectacle folklorique mais comme une initiation, une parabole sur l'amour, la vie, la mort et la poésie.
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| Propos recueillis par Louis de Saussure | |
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