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François Simon

Né le 16 août 1917 à Genève et mort le 5 octobre 1982

Acteur et metteur en scène suisse, fondateur du Théâtre de Carouge

Biographie

François Simon a commencé sa carrière chez Dullin, et Georges Pitoëff, à Paris (1936-1938) et à la mort de ce dernier, il signe sa première mise en scène, Le pain dur de Paul Claudel. Durant cette période, il a également fréquenté les mercredis de Jean-Louis Barrault. En 1939, c'est sa première apparition au cinéma dans Circonstances atténuantes de Jean Boyer, avec son père Michel Simon. Entre 1943 et 1946, sous le nom de Michel Simon Fils, il anime la Compagnie des Cinq avec Jutta et William Jacques.

En 1945, il épouse Jutta Simon et en 1946, à Paris, il tient le rôle du soldat dans L'Histoire du soldat, de Charles Ferdinand Ramuz et Igor Stravinsky. De 1948 à 1954, il participe à l'aventure du premier Théâtre de Poche de Genève, dirigé par Fabienne Faby et William Jacques puis, en 1955, il réunit un groupe théâtral éphémère, L'Avant Scène, avant de monter avec Philippe Mentha, en 1957, un Hamlet. En 1957, il joue dans l'un des meilleures films alémaniques de l'époque Bäckerei Zurrer de Kurt Früh.

En 1958, il fonde et anime le Théâtre de Carouge avec Philippe Mentha dans la salle Cardinal Mermillod qui sera démolie en 1967. Dès lors, il devient acteur indépendant et il jouera à Montréal dans le rôle principal de la pièce de Max Frisch, La Muraille de Chine. Ce fut un triomphe.

En 1969, il perd sa femme Jutta. En cette même année, il tourne Charles mort ou vif qui le fera connaître par des réalisateurs français, comme André Cayatte, Patrice Chéreau. Il se marie avec Ana Simon.

Au théâtre, il a joué pour les plus grands: Shakespeare, Pirandello, Tchekov, Beckett, Goldoni, Dürrenmatt, etc... François Simon repose au Cimetière des Rois (le Panthéon de la ville de Genève) au côté de son ami  l'écrivain argentin Jorge Luis Borges.

Repères

Théâtre

  • La Compagnie des cinq, groupe de jeunes comédiens
  • 17 avril 1952 : L'Histoire du soldat, Théâtre de Carouge ouverture en janvier 1958
  • 1964 : Le Banquier sans visage, chronique des temps qui changent de Walter Weideli, mise en scène Jean Vilar, Grand Théâtre de Genève
  • Il a joué dans une mise en scène de Patrice Chereau, Lear, d'Edward Bond au TNP à Villeurbanne.

 

Filmographie

  • 1936 : Sous les yeux d'Occident de Marc Allégret
  • 1939 : Fric-frac de Maurice Lehmann
  • 1939 : Circonstances atténuantes de Jean Boyer
  • 1951 : Quatre dans une jeep - (Die vier un jeep) de Léopold Lindberg
  • 1957 : Le Fils du boulanger - (Bäkerei Zürrer) de Kurt Früh
  • 1958 : Les Jeux dangereux de Pierre Chenal
  • 1969 : Charles mort ou vif d'Alain Tanner : Charles Dé
  • 1969 : Le Champignon de Marc Simenon
  • 1970 : Le Fou de Claude Goretta
  • 1970 : Le Jour de noces de Claude Goretta
  • 1971 : Mourir d'aimer d'André Cayatte : M.Leguen
  • 1971 : Où est passé Tom ? de José Giovanni
  • 1971 : La Salamandre d' Alain Tanner
  • 1972 : Corpo d'amore de Fabio Carpi
  • 1973 : L'Invitation de Claude Goretta  : Emile
  • 1974 : Le Fou de Claude Goretta : Georges Plond
  • 1975 : La Mort du directeur du cirque de puces - (Der tod des flohzirkusdirectors) de Thomas Koerfer
  • 1974 : L'Amante végétale de Jean Valmont - court métrage -
  • 1975 : La Chair de l'orchidée de Patrice Chéreau : Joszef Berekian
  • 1976 : Pas si méchant que ça de Claude Goretta - scène coupée au montage
  • 1976 : Lumière de Jeanne Moreau : Grégoire
  • 1977 : Exil d' Ana Simon
  • 1977 : La Vocation suspendue de Raoul Ruiz
  • 1977 : Violenta de Daniel Schmid
  • 1978 : Alzire, ou le nouveau continent de Thomas Koerfer : Voltaire
  • 1978 : Judith Therpauve de Patrice Chéreau : Claude Hirsch-Balland
  • 1979 : Les Chemins de l'exil ou les dernières années de Jean-Jacques Rousseau de Claude Goretta (TV) : Jean-Jacques Rousseau
  • 1979 : Le Christ s'est arrêté à Eboli (Cristo si è fermato a Eboli) de Francesco Rosi : le curé, Don Traiella
  • 1980 : Marie de Bernard Sobel
  • 1981 : Le Quatuor Basileus - (Il quartetto Basileus) de Fabio Carpi
  • 1982 : La Femme flic d' Yves Boisset : Dr. Godiveau
  • 1991 : Récréations de Claire Simon - documentaire, voix uniquement

 

Documentaires

 

  • François Simon - La présence d'Ana Simon et Louis Mouchet
  • Simon, père et fils 1995, réalisation de Michel Boujut et Ana Simon

 

Livre

  • François Simon, acteur, édité par P.-M. Favre, paru en 1986.



Témoignage

La nature de l'ange

" Je pense que François Simon avait en lui de la nature de l'ange. c'est à dire cette part de l'être humain qui est à la recherche de l'absolu. Cet envol vers... la vérité, vers ce qui est au-delà de ce qui est vu. Et cette force de l'esprit. Même s'il n'en était pas persuadé, nous n'en avons jamais parlé ensemble, je pense que François Simon avait en lui cette préscience de l'immortalité de l'esprit et de cette forme cosmique à laquelle nous participions tous. Et je crois que c'est de là qu'est née notre complicité. " Jeanne Moreau  In Michel Simon, François Simon, acteurs, éditions Georg, Genève, 1992.

Ouvrir avant tout

" Pour ouvrir le Théâtre de Carouge, il nous fallait avant tout, fin 1958, la clé de la salle Cardinal-Mermillod, contre paiement d'avance du premier loyer. Nous trouvons, en nous cotisan, les 500 francs demandés, sésame d'une salle à nettoyer du plancher aux voûtes, puis à équiper entièrement.François Simon vit les Autorités : seul Jean Treina, Conseiller d'État, chef de la Prévoyance sociale et de la Santé publique, lui alloua une "garentie de déficit de 500 francs", ce théâtre devant créer des emplois pour des artistes. Trois mois plus tard commencèrent les premières représentations, nous avions 20 francs par soir et François Simon 5 francs symboliques de plus, le théâtre se créant autour de son nom. Il ne touchait rien pour son immense travail de mise en scène, de formation et de dirtection des jeunes acteurs qui l'entourions. Le public et la presse firent un triomphe à sa Nuit des Rois. " Philippe Mentha In Mon Théâtre a 40 ans, édition de la Fondation du Théâtre de Carouge, 1999.

Un gladatieur dans l'arène

"L’acteur cultive sans répit sa nudité ; de sa dépossession il s’enrichit et enrichit les autres avec des rêves. Les spectateurs devront aussi se préparer pour cette rencontre extraordinaire, pour pouvoir vivre cet instant privilégié d’intense émotion. L’acteur entre en scène comme autrefois les gladiateurs dans l’arène, comme s’il plongeait dans la mer, comme s’il escaladait des hauteurs inconnues et fort dangereuses. Chaque spectacle est son premier, peut-être son dernier ; à chaque fois il joue sa vie. S’il arrive à transmettre une partie de son secret, une communion s’installe entre lui et le spectateur, le temps d’un éclair." François Simon, propos recueillis par Ana Simon.