La nature de l'ange
" Je pense que François Simon avait en lui de la nature de l'ange. c'est à dire cette part de l'être humain qui est à la recherche de l'absolu. Cet envol vers... la vérité, vers ce qui est au-delà de ce qui est vu. Et cette force de l'esprit. Même s'il n'en était pas persuadé, nous n'en avons jamais parlé ensemble, je pense que François Simon avait en lui cette préscience de l'immortalité de l'esprit et de cette forme cosmique à laquelle nous participions tous. Et je crois que c'est de là qu'est née notre complicité. " Jeanne Moreau In Michel Simon, François Simon, acteurs, éditions Georg, Genève, 1992.
Ouvrir avant tout
" Pour ouvrir le Théâtre de Carouge, il nous fallait avant tout, fin 1958, la clé de la salle Cardinal-Mermillod, contre paiement d'avance du premier loyer. Nous trouvons, en nous cotisan, les 500 francs demandés, sésame d'une salle à nettoyer du plancher aux voûtes, puis à équiper entièrement.François Simon vit les Autorités : seul Jean Treina, Conseiller d'État, chef de la Prévoyance sociale et de la Santé publique, lui alloua une "garentie de déficit de 500 francs", ce théâtre devant créer des emplois pour des artistes. Trois mois plus tard commencèrent les premières représentations, nous avions 20 francs par soir et François Simon 5 francs symboliques de plus, le théâtre se créant autour de son nom. Il ne touchait rien pour son immense travail de mise en scène, de formation et de dirtection des jeunes acteurs qui l'entourions. Le public et la presse firent un triomphe à sa Nuit des Rois. " Philippe Mentha In Mon Théâtre a 40 ans, édition de la Fondation du Théâtre de Carouge, 1999.
Un gladatieur dans l'arène
"L’acteur cultive sans répit sa nudité ; de sa dépossession il s’enrichit et enrichit les autres avec des rêves. Les spectateurs devront aussi se préparer pour cette rencontre extraordinaire, pour pouvoir vivre cet instant privilégié d’intense émotion. L’acteur entre en scène comme autrefois les gladiateurs dans l’arène, comme s’il plongeait dans la mer, comme s’il escaladait des hauteurs inconnues et fort dangereuses. Chaque spectacle est son premier, peut-être son dernier ; à chaque fois il joue sa vie. S’il arrive à transmettre une partie de son secret, une communion s’installe entre lui et le spectateur, le temps d’un éclair." François Simon, propos recueillis par Ana Simon.